Salut !
Allez, on poursuit l'exploration de cette jolie région de Turpan, toujours dans le Xinjiang... c'est le dernier article sur cette zone, avant de partir plus (beaucoup plus...) à l'Ouest !
Aujourd'hui, c'est parti pour une longue journée dans les environs de Turpan. J'ai rencontré un couple de Tchèques, et nous partageons les frais d'un taxi pour la journée.
Rapidement, on quitte les "grands boulevards" chinois
dont
je parlais dans le premier article. On retrouve une vie plus traditionnelle, les voitures se font plus rares...

De part et d'autre du chemin, on aperçoit des tas de terre (cf photo ci-dessous). Tayir, notre chauffeur et guide, nous explique que ce sont des
karez. Il s'agit d'un système
d'irrigation utilisé depuis des siècles dans le Xinjiang, en particulier dans cette région extrêmement sêche de Turpan. Le principe est simple: des tunnels sont creusés à quelques mètres sous
terre, pour faire acheminer l'eau depuis les montagnes (glaciers) vers les zones à irriguer. Ces tunnels, creusés à main d'homme, sont souvent longs de plusieurs dizaines de kilomètres... et
permettent notamment d'irriguer les célèbres vignes de Turpan !
Sachant qu'à Turpan, il pleut en moyenne 20 millimètres (oui, 2 centimètres !!) par an, c'est dire si un tel système
d'irrigation a trouvé son intérêt !

(infos supplémentaires sur les karez
par ici)
Il est encore tôt ce matin, et l'objectif est de se rendre au plus profond de la
dépression de Turpan, qui constitue ni plus ni moins que
le deuxième endroit le plus bas du
globe ! Le premier étant la mer Morte, évidemment !
En chemin, on rencontre ces deux hommes, qui sont en train de dépecer, à même la route, une chèvre fraîchement tuée...

Après une grosse heure et demie de route cahotique, et au milieu d'un paysage aride et désertique, nous y sommes.
Alors voilà, le deuxième point le plus bas du globe, ça ressemble à ça :

Donc, pour résumer, à perte de vue, il n'y a RIEN. Un véritable désert de terre. Une terre dure comme de la pierre. Plus sec, tu meurs. Avec, ici et là, quelques flaques d'eau ultra-salée,
réminescence du
lac d'Aydingkul. "Il y a 10 ans, le lac arrivait ici", m'explique mon guide. "Maintenant, il faut marcher 2 heures par là bas..."
Ci-dessous, un gros plan des cristaux de sel que l'on peut apercevoir au bord de ces flaques. Je vous déconseille de marcher pieds nus, sauf si vous voulez jouer au fakir !

Ci-dessous, Tayir, notre guide ouïghour pour la journée, qui pose fièrement devant la stelle qui marque officiellement l'endroit situé à
-154 mètres sous le niveau de la mer...

Comme vous le voyez sur les photos, il n'y a pas grand monde autour, et nous somme seuls. Pourtant, tous les guides de Turpan proposent aux touristes d'aller voir ce lac Aydingkul, mais ils les
emmènent... vers un faux lac ! Tayir me mime le tuyau d'arrosage en rigolant... Sont forts ces chinois !
Allez, hop, on repart dans l'autre sens ! Motivés motivés ! Rebelotte sur chemin cahotique, direction le village de
Tuyok...
En passant, une vue imprenable sur les Flamings Mountains (en français les
Monts Flamboyants). Cette curiosité géologique n'a pas volé son nom, c'est vrai qu'on dirait vraiment une
montagne de feu... surtout en plein cagnard !

Pour ceux qui suivent attentivement le blog (nombreux j'espère !), on apercevait ces montagnes depuis le
site de Gaochang dont j'ai parlé dans l'article précédent...

Nous arrivons enfin à
Tuyok. Hum, il faut payer 30 yuan pour rentrer. Payer pour entrer dans un village, ça peut paraître étrange. Mais il faut savoir qu'en Chine, et c'est vrai
également dans le Xinjiang (où les business sont souvent tenus par les chinois Hans, et non pas les Ouïghours), TOUT se paye... ce qui devient souvent extrêmement casse-pied ! Payer pour prendre
une photo ici, payer pour passer par là...
Revenons à nos moutons.
Tuyok est un petit village charmant, encastré dans un site superbe que surplombent les Flaming Mountains. La vue sur le village mérite les 30 yuan à elle
toute seule !

Au coeur du village, la mosquée, avec ses quatre minarets, et qui mérite quelques photos.

Balade très sympa dans le village. Aucun touriste (à part le couple de Tchèque qui m'accompagne, évidemment !), c'est appréciable.

Ici, les maisons sont en terre sêchée, comme souvent dans le Xinjiang. On se croirait revenus quelques siècles en arrière (si l'on fait abstraction de la moto ci-dessus !).

En marchant un peu vers le fond du village, on peut rejoindre d'anciennes grottes bouddhistes, creusées dans la montagne. L'accès est barré par un grand panneau d'interdiction, mais la curiosité
est plus forte (vous le répéterez pas, hein). Au bout de 10 minutes de marche, on aperçoit les grottes, encastrées dans la paroi. C'est beau !

Pour finir cet article, un portrait de
Tayir, mon guide Ouïghour pour cette journée, et que je recommande chaudement ! Tayir a 23 ans. Marié depuis l'an dernier, il vient d'avoir
une petite fille. Chauffeur de taxi à Turpan durant la basse saison, il emmène les touristes dès qu'il le peut pour faire découvrir les environs. Outre le fait d'être très sympa, il a un
atout de choc: il parle très bien anglais... j'ai également rencontré son père, mais mon chinois a été peu utile pour tenir une conversation au delà des banalités d'usage !

Allez, à très bientôt pour la suite du voyage ! Nous filerons plein Ouest ! En train, oui monsieur !
Thib.
PS: à chaque fois que je commence un article, je me dis "allez, je mets pas plus de 10 photos ce coup ci", et bing, encore raté... la sélection est un exercice difficile ! J'espère que ça vous pose
pas de souci :-)
Ah mais si, quand je les compare aux miennes..........................
Ans don't worry!
J'en redemande!
A bientôt!
Je n'avais pas poussé jusqu'à la depression, mais je pense que j'aurais dû...
http://www.simaosavait.com/index.php?post/2009/09/27/Touyougou%2C-la-Mecque-du-Xinjiang
Charles, pousser jusqu'à la dépression n'est jamais une bonne chose... ;-)
Plus sérieusement, cette dépression de Turpan est surtout impressionnante par son environnement "vide", son silence impressionnant, pas une forme de vie... on apercevait une pelleteuse au loin, l'extraction du sel est toujours en cours... mais le lac se réduit comme une peau de chagrin au fil des années !
Les photos sont superbes et le texte adequat.
Merci
Amitiés
A bientôt par ici !
Merci ;)