Célébration du Thaipusam à Singapour

Publié le par Thib

On ne parle pas assez de Singapour sur ce blog, j'en conviens ! Le week-end dernier m'a donné une bonne occasion de préparer un billet : la célébration du Thaipusam, dont les lecteurs assidus se souviendront, faisait son grand retour annuel.

J'ai passé du temps à suivre ces fidèles de la communauté indienne (tamoule, plus précisément), tout au long des quelques 4 kilomètres qui séparent Serangoon Road et le temple de Layan Sithi Vinayagar (pas loin de Clarke Quay et River Valley, pour ceux qui connaissent). Même si je savais à quoi m'attendre puisque j'avais déjà assisté à cette fête il y a 2 ans, c'est toujours aussi impressionnant ! Il faut voir ces pénitents, mutilés de toutes parts, marcher en pleine rue à Singapour, entourés par leur famille et leurs amis qui dansent et chantent autour d'eux...

D'un œil

extérieur (je ne suis pas hindou), il est parfois difficile de comprendre les raisons qui poussent ces fidèles à se faire autant de mal, au nom de leur croyance et religion. Un véritable chemin de croix, une procession interminable où les fidèles se suivent durant 24 heures... un long cortège de "kavadis", ces énormes (et lourdes) structures métalliques décorées de toutes les couleurs, supportés par ceux (quasiment que des hommes) qui ont choisi d'endurer la souffrance pour se purifier l'âme et s'octroyer les mérites des divinités hindoues...

Au chapitre des mutilations, les langues et joues percées sont quasiment légion, suivies de très près par les crochets enfoncés sur le torse ou les cuisses, permettant de suspendre des offrandes, principalement du lait ou des citrons, mais également des noix de coco !

Au delà des souffrances et des mutilations physiques, c'est surtout une fête familiale et animée, très suivie par la communauté indienne. L'arrivée dans le temple de destination donne lieu à des scène de transe, où les pénitents dansent et agitent leur kavadi, comme une ultime souffrance, sous les encouragements de leurs proches, avant de remettre leurs offrandes aux pieds des divinités...

Place à une sélection de photos, âmes sensibles s'abstenir... je me suis abstenu de mettre les photos les "pires", si l'on peut s'exprimer ainsi !

Donnez moi vos impressions !

A bientôt !
Thib.

PS : vous avez sans doute remarqué cette barre grise au dessus de la bannière d'accueil... je trouve ça moche, inutile et encombrant, mais c'est une décision d'Over-Blog... il est temps que je migre ce blog sous Wordpress !

1. Portrait d'un fidèle, juste avant son entrée dans le temple de destination. Ses joues et sa langue sont transpercées de fines barres métalliques, et la structure de son kavadi est visible sur son torse et au-dessus de sa tête.

2. Celui-ci a fait le choix de ne pas porter de kavadi, mais regardez donc la taille de cette fourche qui lui transperce les joues... et ce n'est pas truqué, je vous assure ! Comme si cette souffrance n'était pas suffisante, le pénitent porte aussi une multitude de petits pots de lait, crochetés à même la peau... et dans son dos pendent des noix de coco, également attachées par des crochets ! (Note : cette photo a été retraitée sous Photoshop : j'ai renforcé le flou d'arrière plan afin de mettre en valeur le principal intéressé)

3. Portrait d'un fidèle, on sent la détermination dans le regard...

4. La nuit, les kavadis s'illuminent, et le cortège de pénitents poursuit sa longue marche...

5. Ici le pénitent s'arrête et exécute une danse, toujours accompagné par sa famille et ses amis qui dansent et chantent autour de lui.

6. La marche est longue et lente, ponctuée de danses et de moments de récupération, les pèlerins mettent plusieurs heures à atteindre leur destination... sans parler de la chaleur et de l'humidité ambiante, rappelons qu'il fait près de 30 degrés ici à Singapour !

7. Ici, le pénitent prend quelques minutes pour s'assoir, reprendre son souffle, "coaché" de près par son entourage qui le surveille étroitement (certains vont trop loin, jusqu'à l'évanouissement)...

8. Toujours ces kavadis multicolores, décorés de fleurs ou de portraits de divinités hindoues.
 
9. Ce jeune pénitent, outre ses joues percées, est retenu par de gros crochets, afin de tirer une petite roulotte contenant des offrandes pour les Dieux...

10. Pour finir, cette photo d'un pénitent, juste après avoir retiré son attirail métallique... moments émouvants que de voir ces fidèles après leur longue marche, les yeux hagards et le regard dans le vide... (Note : idem que la photo 2, j'ai retouché cette photo sous Photoshop et flouté l'arrière plan, pour mettre en valeur le visage de cet homme).

Publié dans Singapour

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Thib 10/02/2010 13:34


@ régine : oui, c'est étonnant de voir jusqu'où ces fidèles sont prêts à aller au nom de leur religion. J'ai lu que cette fête était officiellement interdite en Inde, mais je n'en ai pas la
confirmation ? Singapour se veut un modèle d'intégration des différentes communautés (chinoise, indienne, malaise, etc), et autorise ce genre de manifestations...

@ Julien : j'ai fait ces retouches de flou rapidement, et le résultat n'est pas bon au niveau des contours si tu zoomes dessus, surtout sur la 2. Il faudrait passer davantage de temps, faire des
rêglages plus fins, et surtout mes compétences en Photoshop sont très très limitées ! Mais j'ai trouvé l'effet amusant, surtout sur la 10. Flouter l'arrière plan avec Photoshop revient finalement à
utiliser un objectif à très grande ouverture... les puristes de la photo vont hurler au scandale !


Julien 08/02/2010 13:04


Merci pour toutes ces infos supplementaires et ces belles photos. La technique du floute est interessante mais je me demande si dans le detail (en zoomant au niveau du contour) l'effet est bien
rendu ? Il faudra que je teste ca...
Pour moi, c'etait mon premier Thaipusam (en tant que spectateur bien entendu) et je dois dire que c'est a ne pas rater.


régine 08/02/2010 08:42


merci pour ces magnifiques photos. incroyable de voir ce que la "foi" amène à faire.
et c' est d' autant plus étonnant que de telles traditions perdurent dans une ville comme Singapour;