Hello !
Comme promis il y a quelques jours, je vous emmène aujourd'hui aux
Philippines, où je suis retourné récemment. L'objectif de cette virée : le
Pinatubo.
Le Pinatubo ? Vous avez peut-être entendu parler de ce volcan, située à une centaine de kilomètres au Nord de Manille, et dont l'éruption de 1991 est considérée comme l'une des "éruptions du
siècle"... non ?
Regardez-donc ce qu'il s'est passé le
15 juin 1991, c'est assez impressionnant :
Les heures et jours suivants, une pluie de cendre s'est abattue sur la région, paralysant le pays pendant des semaines...
Dans les semaines précédant l'éruption, et suite aux nombreuses secousses sismiques qui présageaient un réveil du volcan, tous les villages de la zone ont été évacués, ce qui a permis d'éviter le
pire. Le bilan des victimes n'est finalement "que" de 900 personnes, mais il aurait pu être bien plus lourd au vu de la violence de l'éruption...
Ok, finie la parenthèse historique, revenons à nos moutons !
Nous sommes début décembre 2008, il est 22h00, et 4 jeunes garçons pleins d'avenir débarquent à l'aéroport de Clark, à 60 km au Nord de Manille, avec l'intention de se rendre sur la zone du
Pinatubo... l'intention seulement, car aucun d'entre nous n'a regardé comment s'y rendre ! Il fait nuit noire, et l'on s'attable devant une petite boutique Pizza Hut qui nous refile ses dernières
pizzas pour feuilleter le Lonely Planet qui, il faut l'avouer, rend parfois de bons services...
Quelques coups de fils plus tard, l'affaire est entendue. Un guide dont nous avons trouvé le numéro dans le Lonely va venir nous chercher ici, à l'aéroport, pour nous emmener sur la zone du
Pinatubo, située à deux bonnes heures de route... une courte dicussion avec le bonhomme, on se met d'accord sur le prix, et zou, c'est parti ! Nous montons dans son bolide, un 4x4 décapotable rouge
et vieux comme le monde... il appelle son pote, pour le prévenir que 4 touristes vont débarquer chez lui pour la nuit...
5h du matin. La nuit fut (très) courte. Petit déjeuner local, préparé par la charmante petite famille qui nous a hébergé, sans aucun préavis.

Nous remontons dans le 4x4. Il fait frisquet ce matin... Notre chauffeur roule à vive allure, à la lumière de ses phares... Rapidement, nous quittons la route, et nous roulons à présent sur ce qui
ressemble à un gigantesque champ de cendre, ambiance désertique et parfois lunaire...

Apres une grosse heure de 4x4 dans ce paysage extra-terrestre, le chauffeur nous explique qu'il n est pas possible de continuer en voiture, il faut maintenant partir à pied. C'est parti !

Ci-dessus, ces parois sont la conséquence des "
lahars", ces coulées de boue dévastatrices constituées de cendre qui apparaissent principalement en saison des pluies. La majorité des décès de
l'éruption du Pinatubo est due à ces torrents de boue meurtriers...
Nous suivons notre guide, qui appartient à la tribu des
Aeta, dont les villages se situent sur les flancs du volcan. Cette tribu a été particulièrement touchée par l'éruption du
Pinatubo.

Quant à nous, un peu insouciants dans ce décor apocalyptique, nous démarrons la montée. Le ciel est bleu, le soleil brille... que demande le peuple ? Rien, de toute facon nous sommes absolument
seuls et ne rencontrons absolument personne durant cette montée. On ne va pas s'en plaindre !
La seule difficulté (qui n'en est pas vraiment une !) de cette ascension, ce sont les multiples traversées de rivières. Notamment pour ceux qui, comme moi par exemple, font tout leur possible pour
ne pas mettre les pieds dans l'eau en sautant de pierre en pierre, car n'ayant pas envie de monter avec des pompes de rando trempées !!! Le guide n'est pas embêté, lui, il porte des tongues...

Apres deux bonnes heures de montée, ponctuées par des traversées de rivières parfois acrobatiques, nous arrivons au niveau du cratère, où se trouve aujourd'hui un gigantesque lac bleu turquoise...
superbe !

Le lac est situé à environ 830 mètres d'altitude, et les parois de la caldeira atteignent 1400 mètres d'altitude. Avant l'éruption, le volcan culminait à près de 1700 mètres, et a donc été décapité
sur une hauteur de 300 mètres ! Impressionnant...
Il n'est malheureusement pas possible de faire le tour du lac, mais nous pouvons par contre descendre au bord de l'eau. Mitraillage photographique, séance de ricochets (on s'amuse comme on peut),
méditation (l'endroit s'y prête)...
(les 3 photos précédentes ont été prises avec un filtre polarisant)
Il est temps de redescendre... Même chemin qu'à l'aller... et donc mêmes re-traversées de rivières, toujours aussi acrobatiques... il fait toujours aussi beau...

Nous retrouvons notre chauffeur et son 4x4 mythique, rejoint par d'autres véhicules dont nous avons croisé les passagers durant notre descente.

Rebelote pour une heure de 4x4 en sens inverse, cette fois-ci en plein jour, à travers ce décor de cendres et de boue. Notre bolide rouge est âgé de plus de 30 ans, mais il traverse sans broncher
les nombreux cours d'eau...

Voila, c'est tout pour le Pinatubo ! Une belle escapade, relativement facile à organiser depuis Manille et surtout depuis Clark ou Angeles.
A bientot ! Je vous emmènerai en Inde (d'où je reviens), ou alors autre part, selon mon humeur lors de la rédaction du prochain article...
Stay tuned :-)
Thib.
Détails pratiques : pas grand chose à dire de ce côté. Nous sommes arrivés comme des fleurs à l'aéroport de Clarke, à 22h, en ayant absolument
rien préparé. Après quelques essais sans succès de trouver un moyen de s'en sortir par nous même (taxis and co), nous avons finalement appelé Edwin, guide conseillé dans le Lonely Planet. Le
dit-guide est arrivé une heure plus tard à l'aéroport avec son 4x4. Discussion sur les prix. Négo "gentille" (ce gars est notre sauveur !), on s'accorde sur 3000 pesos par personne, pour transports
AR vers Pinatubo, nuit chez son pote, et nourriture. Guide pour l'ascension en sus (2500 pesos pour le groupe). Timings: environ 1h30 de route entre Clarke et Santa Juliana (où nous avons passé la
nuit). Puis 45 minutes de jeep entre Santa Juliana et le début de la marche. 2 heures de marche pour rejoindre le lac.
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